NPA 86

LGV Limoges-Poitiers : les élus anticapitalistes à la mairie de Limoges

lundi 20 décembre 2010 par redac-npa86

Interventions des élus NPA87 et Alternatifs au Conseil municipal de Limoges (décembre 2010)

A contrario de toutes les autres villes traversées, seule Limoges aura donc voté massivement OUI au tracé de la LGV, à l’exception… des 3 élus NPA et Alternatifs. 52 conseillers municipaux sur 55 (gauche et droite unanimes) ont approuvé un tel projet, sans qu’aucun plan de financement ne soit connu. Comme dit cyniquement A. Souchon : on avance, on avance…

« La déclaration »



Il nous est proposé ce soir d’approuver le tracé défini par R. F. F., relatif au projet de Ligne à Grande Vitesse Limoges Poitiers.

Mais au-delà du tracé, c’est bien la question de l’opportunité de cette ligne à grande vitesse entre les deux capitales régionales et de ses conséquences en terme d’aménagement du territoire, de service public et d’écologie, dont il est question.

Tout d’abord sur la forme, on nous demande de dire Oui ou Non au tracé. Mais c’est comme pour l’ensemble du projet LGV, nous n’avons jamais eu aucun autre choix. Sur un projet qui suscite un tel débat, RFF n’est jamais venu nous dire : voilà il y a deux possibilités, la rénovation de la ligne POLLT ou la ligne LGV Limoges Poitiers. Chaque projet coûtera telle ou telle somme, il présente tels avantages et tels inconvénients, discutons-en. ….. Non rien ne s’est passé comme cela.

RFF a fait des dizaines de réunions, pour en résumé nous expliquer que la ligne LGV risquerait de passer ici ou là. Qu’en pensez vous ? Vous n’êtes pas d’accord, alors tant pis ! On la fera quand même ! Cela porte un nom : le passage en force. Avec un seul bémol qui est à peine murmuré : à condition qu’il y ait assez de collectivités territoriales pour participer à son financement, sans jamais que l’on en connaisse exactement le montant 250, 300 millions d’euros, plus encore !?

Nous sommes face à un déni démocratique.

Il ne s’agit pas du combat entre ceux qui seraient pour le progrès, les pro LGV, et les ringards qui seraient pour le retour à la diligence, entre les pragmatiques et les utopistes qui croient encore au POLLT. Nous pensons que la bataille pour le POLLT est un combat d’aujourd’hui, que sa modernisation est toujours gagnable.

Lorsque la rénovation du POLLT a été mise au placard par Raffarin, les arguments que nous développons ce soir étaient les vôtres, ceux de toute la gauche et des organisations syndicales de cheminots. Nous, nous avons décidé de continuer ce combat car nous refusons de participer à des choix contraires aux intérêts populaires et aux enjeux du développement durable.

Nous allons donc réitérer les principales raisons de notre opposition...

économiquement, ce projet consacre l’abandon à moyen terme de la ligne traditionnelle du POLLT, ou de son maintien restreint sous forme de liaisons interrégionales à la charge des collectivités territoriales. De ce point de vue, nous sommes solidaires des élus et des citoyens qui se battent, de Souillac à Châteauroux, en passant par La Souterraine et Vierzon, pour la défense et le développement de cet axe ferroviaire structurant.

Non, nous ne pourrons avoir, pour des raisons financières élémentaires, et la LGV entre Poitiers et Limoges, et la ligne POLLT. Ces deux lignes sont directement en concurrence. La LGV transforme notre ville en un cul de sac ferroviaire au détriment de sa situation de carrefour d’échanges. A ce propos, Jacques Rabouël, du cabinet « Systra », spécialisé en ingénierie des transports, avance, dans l’Echo du jeudi 18 novembre 2010, que « pour Limoges, (…) le tracé via Poitiers, ce serait la fin d’une histoire, sans perspective d’amélioration dans le futur ».

Cette ligne modifie l’interface de notre région avec toutes les régions limitrophes, au seul profit de relations privilégiées avec Paris et Poitiers et, participe donc du délitement des relations ferroviaires vers Toulouse, Lyon et Bordeaux.

Elle contribue également à l’augmentation considérable du prix des billets dans le cadre d’une politique tarifaire inflationniste et peu transparente, dénoncée par l’ensemble des associations de consommateurs. Actuellement, un aller-retour en seconde classe plein tarif Limoges - Paris coûte 105 €, alors qu’un aller-retour Tours-Paris en seconde classe, toujours à plein tarif coûte, en TGV et sur ligne LGV, déjà 112 euros. Sauf si la SNCF sur la partie du futur trajet en TGV Limoges Tours nous accorde la gratuité ! le prix aller-retour pour Paris augmentera au moins de 70% !! C’est une fourchette basse car la SNCF devra payer des péages très élevés sur la partie Poitiers Tours concédée à la multinationale Vinci.

Les responsables de RFF ne disent pas la vérité en affirmant que les tarifs augmenteront modérément. Ils font également de l’intox lorsqu’ils affirment que la LGV transportera plus de 2 à 2,5 millions de voyageurs par an. Qui peut croire que cette ligne Limoges Paris transportera plusieurs millions de personnes par an à partir de Limoges privée des usagers du Nord du Limousin, de Midi Pyrénées (mais aussi de la région Centre pour le retour). Sur ces deux points, la SNCF également s’inscrit en faux face à RFF.

Nous, nous préférons le train pour tous, contre le train pour quelques-uns.

Socialement : ce projet est injuste par la fracture géographique qu’il aggrave en contraignant les habitants de la Creuse ou du Nord de la Haute-Vienne à augmenter leur temps de transport. Par ailleurs, l’effort financier, supporté par les collectivités territoriales, et de fait par l’ensemble des foyers fiscaux, sera de toute évidence considérable, pour un aménagement qui relève de la responsabilité de l’Etat. Et d’ailleurs qui dans ce conseil connaît le coût exact à la charge des collectivités ? Aucun élément chiffré n’a été transmis à ce jour, y compris à l’issue de la réunion du comité des financeurs de lundi dernier, réunion marquée par l’absence de la région Poitou-Charentes.

Comme nous l’avons déjà dit ici : les habitants de notre ville seront tondus de multiples fois : parce qu’ils devront payer la participation de notre ville, de l’agglo, du Conseil général, du Conseil régional, de l’Etat, la hausse du prix du billet et les éventuels efforts financiers pour sauvegarder la ligne POLLT.

Du point de vue agricole et écologique : combien de zones protégées, combien d’hectares combien d’exploitations, et d’habitations seront mises à mal ? Des sites très important de notre région, seront gravement touchés par ce projet, comme les Monts de Blond, la très belle vallée de la Glaïeule.

Que ce soit sur la forme ou sur le fond, la totalité des communes traversées par cette ligne, à l’exception de Poitiers et Limoges, condamne le tracé que RFF veut imposer.

Si notre groupe et les forces politiques que nous représentons sont opposés radicalement à ce projet, faute d’un grand débat démocratique à armes égales offrant un véritable choix, faute de vérité sur les coûts, nous devrions tous pour le moins revendiquer un moratoire sur ce projet, un arrêt immédiat des subventions des études et une consultation citoyenne dans toutes les communes. C’est pour cela que nous voterons contre les deux délibérations sur le LGV et nous appelons chacun à se déterminer non pas en fonction des intérêts de groupe, mais selon ses propres convictions.

Toutes infos sur http://npa87.org/


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