NPA 86

Dans la Vienne et ailleurs : sauvons les salariés du Crédit Immobilier de France. Information, lutte et convergence.

vendredi 28 septembre 2012 par redac-npa86

Depuis maintenant près de trois semaines, les salariés du Crédit Immobilier de France (CIF) tentent de s’organiser et de lutter contre l’arrêt pur et simple de cette institution. Les conséquences de ce choix, éminemment politique, sont désastreuses : 2500 emplois directs seront supprimés, le travail autour du logement social et les crédits « sociaux » ne seront plus assurés.

 Pourquoi faut-il sauver le CIF et ses salariés ?

Le CIF depuis plus de 100 ans fait un travail autour de la question des logements sociaux, notamment en collaboration avec les organismes HLM. Supprimer le CIF serait donc une attaque directe sur les plus pauvres d’entre nous, car, même s’il y a des critiques à apporter à cette institution, elle permet l’accès au logement à un certain nombre d’entre eux. Nous connaissons tous la situation du logement en France, entre les mal-logés et les non logés… il y a encore fort à faire pour combler un de ces besoin vital qu’est le droit au logement. La loi de réquisition des logements vides n’est pas appliquée, et des entreprises ou des grandes fortunes préfèrent laisser dépérir des logements vides que de les louer à bas coût aux plus démunis. Ceci n’est pas directement lié au CIF, mais autant rappeler cette injustice sociale aussi.

D’un point de vue purement économique le CIF n’est pourtant pas un poids pour l’Etat français, il s’agit d’une institution bénéficiaire (47 millions d’€ l’année dernière et les bénéfices servent surtout à la construction de logements HLM), ses fonds propres représentent 2,5 milliards d’euros et… cet argent tombera directement dans les poches de l’Etat en cas de fermeture du CIF (intéressant en temps de crise et de déficit pour le gouvernement socialiste, non ?).

Le CIF est la dernière institution financière qui n’est pas une banque à proprement parler. Ici, pas de spéculation, un but non lucratif, une politique de solidarité. Qui peut croire que la Banque Postale, comme le dit Cécile Duflot, reprendra cette activité de manière non lucrative, sans spéculation et dans un but de solidarité, surtout depuis la privatisation de la Poste ? Personne, même pas les capitalistes, et certainement pas nous. L’une des raisons de cette attaque antisociale est de détruire toutes les possibilités pour les travailleurs, les jeunes et les salariés en général de sortir la tête de l’eau alors que la crise s’abat toujours et de plus en plus fortement. Nous sommes en pleine guerre de classes, et dans ce cas précis, on se rend compte que même l’Etat, et pas que les patrons, s’en prend aux salariés, démontrant par la même occasion, dans quel camp social il se situe : ce n’est certainement pas celui des travailleurs.

 Un Etat « socialiste » qui licencie.

Après que ça note ait été dégradée, le CIF a été dans l’obligation de demander des garanties de l’Etat pour pouvoir continuer à exister. Le problème, c’est que lorsqu’un Etat donne ses « garanties », l’Union Européenne impose certaines règles, ici, c’est l’arrêt de la production. Sauf que, ce n’est pas directement l’UE qui arrête la production et qui donc licencie, mais bien l’Etat. La question que l’on pose alors est la suivante : pourquoi ne pas avoir arrêté la production de Dexia ? Des banques espagnoles ? Nous nous retrouvons donc bel et bien en face d’un choix politique, celui de toujours privilégier les plus forts, les plus fortunés, ceux qui mettent les autres sur la paille qui puis est.

L’Etat est donc le responsable de 2500 licenciements directs, (dont environ 60 à Poitiers). Le gouvernement du changement ne fait ici que reproduire la politique de la droite, tout juste en s’excusant avant de frapper. Il est important de populariser ce qui se passe ici parce que cela montre à quel point le gouvernement socialiste est à la botte du néo-libéralisme.

  Une seule solution : le rapport de force.

Les salariés sont mobilisés mais surtout désemparés. Les syndicats ne sont pas trop à la hauteur. Malgré tout, il y a une volonté de populariser la cause au niveau national. C’est vrai que pour le moment tout le monde des médias les ignores dans la capitale.

La création d’un collectif de salariés est en train de voir le jour. Même s’il y a de la démoralisation dans leurs rangs, parce que les salariés n’arrivent pas à se faire entendre, il n’y a pas de fatalité et l’on sent une volonté de ne pas baisser les bras. Le message que doivent adresser tous ceux qui croient en l’émergence d’une société meilleure basée sur la justice sociale, doit être celui-là : ne lâchez rien, organisez-vous et ne faites pas de cadeau puisque l’on ne vous en fait pas en face. Les autres luttes (PSA, Arcelor, Ford…) ne sont pas des obstacles à votre audience mais au contraire, ils sont la solution. L’issue, c’est la convergence de toutes ces luttes, c’est l’entraide et c’est l’idée d’une sortie de crise de toutes et tous par en haut ; l’isolement est une impasse.

Localement, le NPA86, et j’espère d’autres bientôt, sont évidemment du côté des salariés du CIF. Notre élue Maryse Desbourdes, avec qui je suis allé rencontrer une salariée engagée dans la lutte contre la suppression des emplois, interviendra à Grand Poitiers pour apporter notre soutien aux salariés et pour démontrer la supercherie que semble, une fois de plus, vouloir nous faire avaler les socialistes. Olivier Besancenot, et Léo Ferré avant lui nous questionnent : On a voté et puis après ? J’apporte ma réponse : maintenant on se lève et on refuse de payer pour des choses dont nous ne sommes pas responsables. La crise c’est eux, la solution c’est nous tous.

Retrouvez le site des salariés en lutte ici

Alexandre Raguet.


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