NPA 86

Poitiers : Municipales. C’est parti !

samedi 11 janvier 2014 par redac-npa86

Entre 150 et 200 personnes se sont retrouvées vendredi 10 janvier pour le lancement de campagne de la liste Rouge et Verte :

Osons Poitiers écologique, sociale solidaire et citoyenne.

Maintenant : c’est parti !

 Intervention Robert ROCHAUD pour EELV

En novembre 2012, au cours d’une assemblée générale extraordinaire le groupe local Europe Ecologie Les Verts Poitiers Sud Vienne a pris le décision de présenter une liste autonome aux élections municipales de 2014 à Poitiers.

Cette décision était conforme aux orientations votées par le Congrès d’EELV de La Rochelle en 2010.

Celles ci prévoyaient la recherche d’un accord électoral et programmatique avec le Parti Socialiste pour les élections législatives, condition indispensable d’obtenir des députés compte tenu du mode de scrutin.

Elles demandaient également aux groupes locaux, décideurs en dernier ressort, de présenter des listes écologiques autonomes au 1er tour des prochaines élections municipales dans les villes de plus de 40000 habitants.

Nos objectifs étaient de présenter un projet réellement écologiste à nos concitoyens, d’obtenir le soutien des électeurs pour que nos futurs élus dans la majorité impulsent une gestion durable de Poitiers et de confirmer l’ancrage d’EELV dans le paysage politique local.

C’est la première fois depuis 1989 que les écologistes de Poitiers prenaient cette décision, conscients aussi des risques que nous prenions de ne plus avoir d’élus et de perdre les moyens d’action qui en découlent.

Au cours de cette même AG, nous avons aussi discuté d’une possible alliance avec le Front de Gauche et avons décidé de ne pas y donner suite.

Nous nous sommes mis en ordre de marche. Une équipe de campagne s’est mise en place. Nous décidé d’aller à la rencontre des poitevins en organisant des réunions de proximité. Une quinzaine ont eu lieu chez les habitants ou dans les bars. Nous souhaitions informer de notre décision, mais surtout faire un diagnostic partagé de la ville, vérifier si l’analyse que nous faisions des réalisations étaient partagées. Nous voulions aussi donner la parole et engager une dynamique.

Nous avons aussi décidé d’éditer un journal de campagne mensuel. Ainsi est né « Transition au vert Citoyen-ne-s ». 7 numéros ont été réalisés et diffusés dans le réseau élargi.

Ces numéros ont successivement traités des thèmes suivants :

  • EELV part en autonomie.
  • Exemples de réalisations des élu-e-s EELV
  • la transition énergétique créatrice d’emploi ce que les élus EELV auraient voulu réaliser
  • avec EELV préparons les rentrées à venir
  • Présentation de Christiane Fraysse désignée comme tête de liste
  • Mon vote écologiste et citoyen fera la différence.

Nous avons mené des actions destinées à mettre en exergue nos propositions. Pour sensibiliser et lutter contre le gaspillage alimentaire, le 29 juin 2013, nous avons collecté auprès des commerçants des marchés et des supermarchés les fruits et légumes jetés et nous avons organisé avec le plan B le double mix ou les fruits et légumes ont été préparés et partagés en musique et en toute convivialité.

En août, nous avons organisé une balade en vélo sur les quartiers de St Eloi et du Breuil Mingot pour mettre en évidence l’absence d’aménagements cyclables et un goûter confiture à la Gibauderie pour montrer qu’elle utilisation pouvait être faite localementavec les arbres fruitiers plantés dans les espaces verts de la ville.

Nous avons également mis en place des groupes de travail, élargis à toutes les personnes qui s’étaient dit intéressé lors des réunions de proximité pour élaborer le programme de la liste.

Parallèlement nous avons répondu positivement aux propositions de rencontres qui nous ont été adressées par les autres partis.

Nous avons donc rencontré une ou plusieurs fois chacune des composantes de réclamant de la gauche.

Nous avons rencontré la section de Poitiers du PS, l’ensemble des composantes du front de gauche avec ou sans le parti Communiste, le NPA et la cellule de Poitiers du parti communiste.

A l’issue de ces rencontres, le19 décembre dernier, une nouvelle Assemblée Générale extraordinaire du groupe local était convoqué. Elle avait à se prononcer pour ou contre la constitution d’une liste de rassemblement avec les composantes du Front de Gauche hors PC et le NPA. Plus encore que lors de l’AG de novembre 2012, toutes les personnes présentent étaient conscientes de l’importance de la décision qui serait prise. Le débat a été argumenté, sérieux et respectueux de l’avis de chacun-(e). Une large majorité a validé le choix du rassemblement.

Cette décision est en cohérence et renforce les objectifs qu’EELV s’était donné initialement:Présenter un projet réellement écologiste de gauche à nos concitoyens pour Poitiers. Le socle commun sur lequel repose notre accord, validé nos partenaires repose sur les propositions que nous avions préparer.

Obtenir le soutien des électeurs pour que nos futurs élus impulsent une gestion durable de Poitiers. Les résultats d’une élection ne sont jamais acquis d’avance.

Cette liste de rassemblement nous permettra cependant d’obtenir un score supérieur à ce que la liste EELV aurait obtenu sans alliance. J’ai la certitude que nous aurons des élus dans le prochain conseil municipal.

Un autre objectif s’ajoute. Même si les élections municipales sont celles qui mobilisent le plus les électeurs après l’élection présidentielle, il n’en reste pas moins vrai que 47% d’entre eux s’étaient abstenus au scrutin de 2008.

Cette liste de rassemblement, en montrant qu’au delà de nos divergences, nous avons su nous mettre d’accord sur un projet écologiste de gauche pour Poitiers peut redonner l’envie de voter et de faire reculer l’abstention.

Enfin, cette stratégie est celle que nous avons décidé pour la seule ville de Poitiers dans le département de la vienne. Dans les autres communes EELV sera présent ou soutiendra des listes de rassemblement plus large conduites par des candidats du parti socialiste comme à Chatellerault, Montmorillon ou St Benoit ou par d’autres comme à Chauvigny. L’objectif à chaque fois étant de reconquérir des communes à la droite.

Je vais terminer par une citation d’Antoine de St Exupéry : « Dans la vie , il n’y a pas de solutions, il y ades forces en marche ». A nous maintenant collectivement de faire gagner notre liste.

Robert Rochaud

Co-secrétaire du groupe local EELV Poitiers Sud Vienne

 Intervention Alexandre RAGUET pour le NPA.

Salut à toutes et à tous,

J’interviens ce soir devant vous pour porter la voix du NPA dans le rassemblement pour une alternative à gauche que nous venons de construire toutes et tous ensemble, écologistes, membres du Front de Gauche, citoyennes et citoyens se retrouvant dans nos idées et nos valeurs.

Comme vous le savez déjà pour celles et ceux d’entre vous qui nous connaissent, nous portons la volonté de construire une autre société qui, comme notre nom l’indique, sera débarrassée du capitalisme.

Pour nous, une société sans capitalisme c’est une société sociale et solidaire, qui place les besoins des populations au centre des choix politiques.

Pour nous, une société sans capitalisme, c’est une société écologiste qui prône une agriculture biologique et locale, qui sorte du nucléaire et qui défende les transports en commun gratuits.

Pour nous, une société sans capitalisme c’est aussi une société démocratique, où se sont les populations elles-mêmes qui décideront des choix de la vie publique, de l’économie en passant par le culturel.

Pour nous, une société sans capitalisme c’est une société antiraciste qui permette à chacune et chacun de vivre où ils le souhaitent et de voter comme des citoyens à part entière.

Pour nous, enfin, mais la liste n’est pas exhaustive, une société débarrassée du capitalisme c’est une société féministe, qui revendique le droit à la procréation médicalement assistée et qui porte le mégaphone de toutes les femmes en lutte pour le droit à l’IVG.

Nous avons aujourd’hui une pensée pour les femmes espagnoles victimes de l’austérité imposée par le capitalisme en crise et relayé par le gouvernement réactionnaire de Rajoy qui veut interdire aux femmes le droit fondamental à disposer de leurs corps.

La société que nous souhaitons et pour laquelle nous nous battons au quotidien est l’exacte opposée de la société dans laquelle nous vivons, cette société où l’on expulse les étrangers, où l’on consomme juste pour le plaisir de consommer, où une minorité possède les richesses pendant qu’elle exploite la majorité de la population.

Poitiers n’échappe d’ailleurs pas à la règle. La Municipalité reprend à son compte l’idée d’une gestion sociale-libérale et les exemples ne manquent pas : augmentation constante des prix des bus, participation active au projet et au financement de l’inutile LGV Poitiers-Limoges, vente de l’ancien théâtre municipal à un promoteur privé qui souhaite y mettre en lieu et place des commerces, des bureaux et des logements, tout cela avec la marque affichée du luxe... et la gentryfication du centre-ville continue, pour le plus grand plaisir d’une petite élite peureuse.

Dans ce contexte, le NPA a lancé, il y a environ un an et demi, un appel à l’ensemble des personnes et partis politiques se retrouvant à la gauche du Parti Socialiste pour construire ensemble une alternative au libéralisme et à l’autoritarisme ambiant. Nous sommes donc heureux d’être parvenu à un accord avec celles et ceux avec qui nous nous retrouvons justement au quotidien dans les luttes nommées auparavant.

Enfin, je vais terminer mon intervention en insistant plus particulièrement sur un point qui nous a poussé à parvenir à cet accord. Il s’agit de la montée du Front National et de sa très potentielle présence à Poitiers au scrutin de mars prochain.

Nous considérons que l’existence de notre liste peut être un véritable frein au Front National. En effet, le Front National se nourrie de trois choses principales. D’abord de la crise sociale liée à la crise économique puis à l’austérité et qui a pour conséquence le chômage, les licenciements, l’accaparement des richesses ou encore le recul des conditions de travail.

A cela s’ajoute la crise politique et morale, avec des élus qui cumulent les mandats, ne respectent pas leurs promesses, mènent presque tous, de près ou de loin, la même politique et ne représentent plus qu’un système : le capitalisme mondialisé. C’est ce que le FN appelle « Tous pourris » ou « l’UMPS ». Nous considérons, nous au NPA, que le « Tous pourris » n’est pas un argument politique, même s’il y a effectivement un manque profond de démocratie dans ce pays.

Enfin, le FN surfe également sur la vague du racisme ordinaire, véhiculé par l’État, et des collectivités locales, que ce soit sous l’ère Sarkozy qui a complètement décomplexé l’idéologie raciste, ou bien sous l’ère Manuel Valls qui se vante de virer plus de sans-papiers que son prédécesseur de droite.

Là encore, la Municipalité de Poitiers n’a pas hésité à demander l’expulsions de squats avec des familles entières de rroms et d’autres sans-papiers qui ne demandent qu’à travailler, vivre, tout simplement à être des citoyens comme les autres. Rien de tel pour faire propager le racisme que des élus des institutions qui considèrent, eux-mêmes, que les étrangers sont de trop et qu’ils n’ont pas leur place avec nous.

La liste que nous conduisons est de fait une liste clairement de gauche, démocratique et antiraciste par les luttes que nous menons ensemble sur ces questions.

Nous devons alors expliquer à la population ce qu’est vraiment le Front National. Il s’agit d’un parti de droite qui n’est jamais au côté des travailleurs dans les luttes pour les augmentations de salaire, contre les licenciements, pour la retraite à 60 ans. Il s’agit d’un parti raciste qui divise la population entre elle alors que l’heure est à l’unité au-delà des origines, des religions ou des orientations sexuelles pour construire un autre monde. Enfin, il s’agit d’un parti pire que les autres en terme de corruption, de fraudes, d’autoritarisme. Dans toutes les villes où le FN a été aux commandes, les scandales judiciaires ont fleuri : à Toulon, à Dreux, à Orange...

Plus que jamais donc, il est à démontrer que l’alternative se situe bel et bien à gauche. C’est sur le terrain que nous devrons être présents pour discuter de cela avec les habitants, les travailleurs et les jeunes. C’est notre responsabilité d’enrayer le fléau qu’est le Front National et plus globalement d’en finir avec le racisme. L’union entre nous toutes et tous était la première étape nécessaire. À nous de continuer le combat.

 Intervention Myriam ROSSIGNOL pour Ensemble

Plusieurs forces politiques et collectifs militants au sein du Front de Gauche ont décidé de créer un mouvement commun, « Ensemble ! », ouvert à celles et ceux qui ne sont membres d’aucune organisation, pour constituer un courant politique commun dans le Front de Gauche, au service de tous les combats émancipateurs.

Existe depuis le 24 novembre dernier et regroupe notamment plusieurs petites organisations entrées progressivement au Front de Gauche : les Alternatifs, la FASE, la Gauche anticapitaliste et la Gauche unitaire.

A des aspirations à une société plus juste, plus égalitaire et féministe, plus écologique, plus démocratique.

Nécessité de construire une alternative politique à gauche aux politiques libérales menées en France et en Europe : contre austérité budgétaire et salariale. Une alternative qui soit massive, unitaire et pluraliste.

Massive pour renverser le cours des choses au plus vite, pour une société qui sorte du capitalisme et sedéveloppe r selon nos idéaux écologistes et socialistes et d’autres.

Déjà dans d’autres pays en Europe des regroupements existent et évoluent : Syriza en Grèce, le Bloco au Portugal, Die Linke en Allemagne, le Front de gauche en France.

En France, ce mois de janvier / les vœux du président F. Hollande a rappelé la continuité de sa politique libérale depuis son accession au pouvoir.

« Pacte de responsabilité »

Alors qu’avait critiqué « choc de compétitivité » et la hausse de la TVA annoncé par son prédécesseur Sarkozy, Hollande le met en œuvre. Amplifie une politique de l’offre puisqu’il organise encore un transfert à l’avantage des entreprises et au détriment des ménages. Déjà 20 milliards sans contre partie et en annonce d’autres initiatives identiques. Ce gouvernement est un gouvernement qui est d’abord au service des capitalistes.

Hollande c’est Robin des Bois ... mais à l’envers !

Par contre, hausse de la TVA au détriment du monde du travail. Cette politique poursuit aussi une logique productiviste, sans considération écologique. Ne s’engage pas dans une politique de sortie des énergies carbonées ou du nucléaire.

Les objectifs d’Ensemble, c’est de construire un rassemblement de toutes les forces de gauches et écologistes qui partagent.

Travailler à réunir au plus vite une nouvelle majorité qui impose une vraie politique de gauche, qui s’oppose aux marchés financiers, au Medef, rompe avec les politiques d’austérité et de stigmatisation.

Rassembler autour d’objectifs de transformation sociale et écologiste, d’égalité des droits, contre tous les discours qui veulent faire accepter que payer la dette et subir la crise seraient une fatalité. Nous opposons notre volontarisme écologiste et socialiste au défaitisme des partisans du capitalisme.

Ce que nous cherchons à concrétiser dans cette campagne électorale municipale aux côtés de nos autres partenaires, c’est ce que nous avons amorcé en 2008 en présentant la liste PAG (Pour une Alternative à Gauche) et pour laquelle Maryse Desbourdes a été élue, c’est le rapprochement des citoyens avec la politique et les lieux de pouvoir. C’est de non seulement défendre un programme résolument à gauche mais aussi avec les habitants, d’être à l’écoute de leurs mobilisations, de les soutenir ou de les construire. Pour nous, faire de la politique c’est viser à participer à mille initiatives de base porteuses de vie et d’autres valeurs que celle de l’égoïsme calculateur des financiers. Nous souhaitons poursuivre ce travail comme nous l’avons fait dans les collectifs contre la LGV, contre la vente du Théâtre, aux côtés des migrants, pour des solutions énergétiques alternatives au nucléaire, etc.

Il faut un sursaut pour rassembler et changer à gauche, pour refonder l’espoir.

Nous sommes convaincus que c’est de la confrontation et du métissage des parcours et des cultures politiques que peut se créer du nouveau en politique, qu’une société non capitaliste est possible. C’est urgent...

Myriam Rossignol, Ensemble

 Intervention de Jacques Arfeuillère pour le PG.

Le Parti de Gauche est un jeune parti, imaginé fin 2008 et fondé en février 2009. On le connaît pour son implication déterminante dans la construction du Front de Gauche pour lequel il a fourni le candidat à l’élection présidentielle Jean-Luc Mélenchon. Ceux qui le connaissent mieux savent que son identité est résumée par un Triptyque : Ecologie, Socialisme et République. Cette introduction pour faire comprendre combien, nous sommes heureux, au parti de gauche, d’être partie prenante de ce rassemblement que nous vous présentons ce soir. Car nous l’avons voulu, ce rassemblement, depuis longtemps, fidèle à ce qui a présidé à la création de notre formation politique, l’idée selon laquelle il faut proposer une force politique alternative de gauche capable de rassembler et de porter un programme de gauche pour répondre aux conséquences désastreuses des politiques d’austérité, capable de faire avancer notre proposition d’une planification écologique nécessaire à la transformation de notre société.

Et c’est pour cette raison, avec obstination, que nous avons, dès le début de notre travail sur les municipales, décidé l’autonomie par rapport au Parti socialiste au pouvoir et que nous avons recherché le rassemblement de toutes les forces de gauche pouvant se retrouver avec nous sur cette ligne rouge et verte qui colore d’ailleurs nos drapeaux. Nous avons été à l’initiative dès le printemps 2013 de rencontres entre toutes les forces du Front de gauche d’une part et EELV et le NPA. Fidèles à notre volonté de rassembler qui fait notre raison d’être. Aujourd’hui, nous regrettons que le Parti Communiste avec lequel nous avions trouvé les conditions d’un accord sur le programme, ait reculé devant l’ambition d’un tel rassemblement et ai préféré renoncer à l’autonomie par rapport au PS.

Mais l’essentiel est là, dans ce que nous avons réussi à construire d’ores et déjà ensemble, un accord pour un projet municipal inédit et audacieux. Car pour nous, le terrain municipal n’est pas un lieu où il suffirait de bien gérer pour répondre aux besoins de la population, un lieu qui ne serait ni de droite ni de gauche. Notre projet est porteur d’une réelle alternative aux politiques d’austérité aujourd’hui mises en œuvre car il est dicté par notre volonté de mettre à distance les intérêts privés, de souligner l’intérêt public, de préserver l’écosystème humain, de défendre la justice sociale.

A ceux qui douteraient, et il y en aura forcément pour insinuer ce doute, de notre capacité à nous retrouver par-delà nos différences à travailler ainsi ensemble sur un projet cohérent, il est facile de répondre. Si au parti de gauche nous avons toujours cru à notre capacité à nous retrouver comme on peut nous voir ce soir, unis, c’est que nous connaissons bien tout le monde, d’EELV au NPA en passant par la GU, la GA, les Alternatifs… Nous sommes ensemble à militer dans les mêmes collectifs, à demander la sortie du nucléaire, à nous opposer aux grands projets inutiles, LGV Poitiers Limoges localement, NDDL tout près d’ici, à mener la lutte pour les droits des femmes, pour le droit des migrants, à conduire le combat pour garder la maîtrise publique d’équipements publics comme le théâtre historique de Poitiers…

Et c’est d’ailleurs dans ce dernier combat que j’ai reconnu pour ma part, de manière évidente, notre volonté commune à défendre ce qui est sans doute l’axe prioritaire sur lequel s’articule l’engagement politique de la formation à laquelle j’appartiens : restaurer une démocratie dans laquelle on ne confie pas le pouvoir à des élus choisis au moment des grandes échéances, mais on le rend à un citoyen en situation de suivre au-delà des urnes le

choix qui est le sien. Entendons-nous, nous ne sommes pas présents dans cette campagne sur le seul sujet du théâtre de Poitiers. Nous avons un projet pour Poitiers et il ne saurait se réduire à cela ! Mais ce sujet est, pour moi, l’image de ce que nous ne voulons plus pour notre ville, ni nulle part ailleurs si nous en avons les moyens. Nous ne voulons plus de décisions prises contre les habitants, malgré les engagements contractés avec les électeurs ; nous ne voulons plus de ce sentiment d’impuissance qui nous saisit quand, en dépit d’une mobilisation sans précédent local, nous ne pouvons nous faire entendre. Et nous ne voulons plus voir se dresser un tel symbole, désastreux, de l’échange commercial qui prend le pas sur l’échange culturel. Et qui signe dans ce mouvement, la victoire de la satisfaction individuelle sur la solidarité …

Aujourd’hui, avec tous ceux qui se retrouvent sur notre liste de rassemblement, ce que nous proposons, c‘est bien de se réapproprier la commune. En nous rassemblant, ce que nous voulons, c’est donner l’envie, l’envie et l’opportunité au citoyen de réinvestir la chose publique. De venir aux urnes, bien sûr, mais aussi et surtout de suivre son choix en s’impliquant dans la vie de la cité, en exerçant un contrôle sur les décisions des élus, ne se faisant force de propositions, en participant aux grandes décisions et tout ça sans écarter personne. Ce que nous voulons, c’est remettre de la démocratie là où elle est nécessaire pour éviter que ne se reforment ces oligarchies locales dans lesquelles l’intérêt public a tendance à se noyer. Ce que nous voulons, c’est une action publique transparente, c’est que le débat démocratique puisse se développer. Ce que nous voulons, c’est qu’à l’échelon local, on réapprenne à jouer collectif…

En rassemblant toutes ces formations à la gauche du Parti Socialiste, et en reprenant notre volonté qui a toujours été la nôtre au parti de gauche de « faire place au peuple » pour se souvenir d’un slogan qui nous est cher, la liste de rassemblement pour Poitiers répond bien à notre projet de construire localement l’alternative à gauche dont nous avons besoin. Nous osons ce rassemblement, et nous vous appelons à oser, avec nous, le faire réussir !

 Intervention de Christiane FRAYSSE tête de liste du rassemblement

Bonsoir,

Permettez moi tout d’abord de vous dire l’émotion et le plaisir pour moi d’avoir été choisie pour conduire notre liste de rassemblement.

J’ai pleinement conscience de la responsabilité qui m’est confiée, et je ferais tout, croyez moi, pour être à la hauteur de cet engagement.

Mais une chose est sûre, c’est que je ne serais pas seule pour conduire nos valeurs, et c’est pour moi une condition essentielle. Je compte d’ailleurs sur chacun de mes colistiers, sur mes camarades d’Europe Ecologie Les Verts, de nos partenaires et sur chacun d’entre vous, pour m’épauler.

Notre rassemblement est construit autour d’une triple composante : Europe Ecologie Les Verts, le Parti de Gauche et Ensemble : eux des trois composantes du front de gauche : et le NPA. A ce rassemblement de parti sont associés des citoyens non encartés et si je peux me permettre un petit coup de griffe non débauchés.

Il est construit autour d’une triple volonté : celle d’oser, d’agir ensemble et d’agir positivement.

Enfin, il est construit autour des valeurs partagées comme l’écologie, la citoyenneté ou la solidarité.

Cet accord est d’abord un accord positif.

Même si, à l’échelle nationale, nous pouvons avoir parfois des points de divergences, cela ne nous empêche pas, heureusement, de nous retrouver pour mener ensemble des mobilisations communes nationales ou locales .

Nous avons choisi de nous positionner au niveau de l’élection qui nous attend, à savoir les élections municipales et nous avons bâti notre accord sur la volonté de construire un projet local en commun .

Et il s’agit d’un programme local qui vise à respecter les engagements fondamentaux pour l’écologie politique, ou de l’eco socialisme , qui est axé sur la recherche d’une juste redistribution des richesses, dans le souci de préservation des ressources naturelles, et de lutte contre le dérèglement climatique, pour un mieux vivre des habitants.

Notre rassemblement est basé sur la proposition d’une alternative de gauche locale.

Cette alternative repose sur des valeurs :

Elles sont d’ailleurs énoncées dans le nom de la liste de notre rassemblement. Nous voulons une ville écologiste, sociale, solidaire et citoyenne.

Mais pour que Poitiers puisse devenir réellement écologiste, sociale, solidaire et citoyenne, il nous faut oser.

Oser aller vers un nouveau modèle économique

Oser lancer de nouveaux dialogues avec les poitevins

Oser développer une politique de redistribution différente

Oser inventer pour permettre une transition.

Certains de mes camarades vont sans doute faire un peu la grimace en entendant ce terme. La transition peut évoquer, pour certains, un changement trop lent alors qu’une rupture et une modification plus rapide seraient nécessaires. Le terme de transition suppose que nous partons d’un état initial et que notre mouvement nous conduit à un état fondamentalement différent. Cette divergence de vocabulaire ne nous empêche pas d’être au clair sur ce que nous voulons créer à Poitiers.

Nous avons l’intention de peser ou de conduire la majorité. Je n’ai pas de boule de cristal comme d’ailleurs aucun des candidats à cette élection et, à ce stade, je ne sais pas ce qui se

passera au second tour. Ce que je peux dire aujourd’hui c’est que nous avons la volonté et le désir de cette alternative et que nous mènerons avec vous une campagne active sur la base de notre projet commun.

Nous avons bâti notre accord à la fois sur des bases de fonctionnement de groupe et sur des points programmatiques précis : j’avais envisagé de vous livrer exhaustivement cette liste mais je préfère porter l’éclairage sur un point précis qui illustre la façon dont nous avons fonctionné pour construire ce rassemblement et qui sera notre méthode par la suite.

En matière de transport : notre différence sur la question de la gratuité des transports en commun a été porté à la connaissance de tous lors d’un débat public.

Sur ce sujet notre objectif est commun, est le suivant : que les personnes qui se déplacent sur Poitiers ou en direction de Poitiers choisissent d’utiliser un autre mode de transport que la voiture individuelle. Pourquoi parce que la circulation automobile génère de la pollution auditive, de la pollution de l’air, engendre un besoin d’infrastructure parking route et nuit à la qualité de vie des piétons des cyclistes, des humains et de la planète.

Donc si on veut réellement lutter contre le dérèglement climatique il faut agir sur les sources d’émission de gaz à effet de serres

Donc nous sommes d’accord sur les causes et sur l’objectif Pour nos partenaires, la gratuité est le levier majeur pour inciter à ce transfert modal de la voiture individuelle vers les transports en commun, pour tous l’augmentation de la fréquence est un des principaux leviers

nous nous sommes donc mis d’accord sur le fait d’augmenter la fréquence , de réorganiser le réseau de façon à ce que tous les habitants de Grand Poitiers puissent bénéficier également du service et de réfléchir à une évolution tarifaire à la baisse et dans le même temps de faire une étude de faisabilité pour la gratuité des transports en commun avec consultation de la population par référendum.

Cette exemple reflète notre façon d ‘avancer par consensus, et illustre également nos convergences quant aux principes d’action publique, et aux priorités.

.Nous avons finalisé notre programme autour de 4 axes,

Ces 4 axes sont :

  • l’autonomie
  • la redistribution
  • l’inventivité
  • et enfin, le faire mieux avec et pour les habitants.

L’autonomie tout d’abord.

L’autonomie, c’est l’émancipation, c’est l’indépendance, c’est aussi le moyen de dégager des capacités financières pour chacun d’entre nous comme au niveau de la collectivité.

Nous visons une autonomie alimentaire, énergétique pour le territoire.

C’est une démarche que nous voulons initier, pas un absolu. Il ne s’agit pas de tomber dans l’autonomie indépendantiste, il s’agit de relocaliser les productions afin de contribuer à la satisfaction de nos besoins et de créer de l’emploi localement.

Il s’agit de favoriser la production locale, soit en mettant à disposition du foncier pour les agriculteurs éleveurs ou pour les maraichers, soit en favorisant la production familiale en construisant des équipements tels que les jardins collectifs familiaux ou partagés.

C’est également rendre à la terre sa fonction nourricière en généralisant les jardins en pied d’immeubles ou le mouvement des incroyables comestibles qui sème sur l’espace public des plantes qui peuvent être cueillies par tous. Ou encore la plantation d’arbres fruitiers sur l’espace public

Au delà de la production visée, c’est la façon de produire qui est importante pour nous. En effet, ces différents exemples reposent sur une vision de travail collectif, d’une meilleure

coopération entre les différents acteurs. Cette coopération est aussi à envisager avec des territoires proches

Cette autonomie alimentaire ou énergétique, que l’on peut qualifier de territoriale car basée sur la relocalisation, se double d’une autonomie des individus. Nous souhaitons également favoriser cette autonomie individuelle, celle qui sera atteinte en permettant à chacun d’accéder à une certain nombre de droits avec plus de facilité, tels que le droit à la mobilité ou encore le droit au logement.

Mettre l’autonomie au cœur de notre projet politique, c’est aussi construire un modèle social et économique qui permet à chacun d’accroître son pouvoir d’achat. Et donc notre nécessité de REDISTRIBUER

Nous le savons, le revenu moyen des Poitevins est faible par rapport à la moyenne nationale.

Nous le savons aussi, le maire n’a pas de moyens d’agir pour augmenter les salaires de chacun.

Mais il peut bien évidemment mener une action publique qui, elle, permet d’accorder indirectement du pouvoir d’achat à chacun. Il s’agit d’agir très concrètement sur les modes de production alimentaires, sur les modes de déplacement, de multiplier les initiatives qui seront favorables au pouvoir d’achat de chacun, dans un esprit collectif et solidaire et durable.

Il s’agit pour l’équipe municipale de demain d’être audacieuse, inventive, et sans pour autant, bien sûr, sacrifier à la qualité.

Elle nous permettra, j’en suis convaincue et j’y serais attachée, de dégager des marges de manœuvres financières qui pourront être redistribuées au profit de tous, tout en mettant l’accent sur les détresses humaines.

Je le rappelle. Il ne s’agit pas de mener moultes actions coûteuses, confuses, qui auraient des répercussions sur la fiscalité locale. Non. Notre modèle est réfléchi, construit, et sera mené à fiscalité constante.

Nous agirons donc au profit de tous, nous multiplierons les initiatives qui tout en permettant un service public de qualité au profit de tous généreront soient des économies soit des ressources. Nous retrouverons un fonctionnement en régie pour la gestion des déchetteries et nous créront enfin une ressourcerie recyclerie dans laquelle la collectivité sera réellement partie prenante. Faire des déchets une matière première secondaire est non seulement bon pour la planète mais aussi pour l’emploi local. Nous maintiendrons un service en régie pour la production et la distribution de l’eau.. Nous veillerons à restreindre l’externalisation de missions ponctuelles ou nouvelles. Assurer le service public en régie et moins recourir au délégation de service public est également un des points phares de notre projet.

La redistribution ne peut pas s’entendre que si elle se combine avec la solidarité notamment en faveur des plus démunis.

Pour réussir cette redistribution, pour mener à bien notre plan d’actions en faveur de tous les poitevins, nous devons être capables d’inventer et de créer. C’est aussi cela la condition du succès de notre projet.

Dans toutes la France en Europe et dans le monde des initiatives naissent tous les jours. Ces initiatives rompent avec les schémas traditionnels de fonctionnement ou de modes de pensée. Lorsqu’on crée des monnaies locales on est dans un état d’esprit différent que lorsqu’on se sert uniquement de sa carte bleue

Lorsqu’on parle de reconquérir la rue il s’agit de faire de la rue un espace à vivre et non pas seulement dédié aux déplacement ou aux publicités. On peut reconquérir la rue la place les quartiers on veut réhabiter l’espace public et non pas y consommer seulement .

Il nous faut construire avec vous une nouvelle ville, qui comptera de nombreuses initiatives de sur tout le territoire de Poitiers, initiatives qui permettront de générer des économies, qui seront réinjectées, redistribuées.

Cette nouvelle ville ne peut advenir que si tous les habitants se sentent concernés par ce projet. On ne veut pas faire pour vous enfin si mais pas à votre place on veut faire avec vous. On veut faire mieux avec les habitants, c’est notre 4eme axe.

Pour cela il faut changer profondément de méthode de gouvernance. J’ai déjà eu l’occasion d’en parler par ailleurs et, sur ce sujet aussi, il nous faudra être inventif et ambitieux.

Le dialogue est essentiel pour que les projets soient construits ‘cent fois sur le métier remettez votre ouvrage » cette phrase est valable également pour les décideurs publics. Nous élus du peuple ne sommes que des représentants et une échéance électorale ne suffit pas pour légitimer toutes les décisions qui doivent être prises par un maire et son équipe pendant 6 ans. Nous avons besoin de revenir sans cesse auprès des habitants soit pour convaincre de la justesse de notre vision soit pour entendre plus précisément les besoins les attentes les peurs et pour les projets qui engagent la collectivité financière de façon significative nous aurons recours à la consultation populaire.

Ce pays souffre d’un déficit de démocratie à tous les niveaux, le non cumul des mandats, dans le temps et ne nombre, la participation active des citoyens à la prise de décision publiques. Bien des moyens existent pour rétablir ces confiances que les citoyens devront avoir non seulement envers la sphère politique mais envers la société envers leur ville et envers eux même. Ces moyens nous les mettront en œuvre.

C’est un sujet essentiel, sur lequel nous reviendrons plus longuement et davantage en détails, mais nous pourrons répondre dès ce soir à vos questions.

Voici en quelques mots, en espérant ne pas avoir été trop longue, les grands enjeux que nous souhaitons voir finalisés dans notre programme de rassemblement. Celui ci vous sera présenté dans une prochaine réunion et qui sera également distribué par nos militants et sympathisants dans les boîtes à lettres. Il sera largement diffusé sur les réseaux sociaux qui sont aussi des vecteurs d’informations et de contributions qui sont à votre disposition.

Je le répète. Ce projet pour Poitiers doit être élaboré pour les poitevins et avec les poitevins. Il se veut ouvert, partagé, enrichi de nos convergences, de nos complémentarités mais aussi de nos différences.

Osons, tous ensemble, proposer une nouvelle vision de l’espace urbain pour notre ville !

Je vous remercie et vous donne la parole. Nous pourrons tous vous répondre en fonction de vos questions.


Portfolio

Documents joints

11 janvier 2014
Document : Zip
1.4 Mo

Accueil du site | Contact | Plan du site | | Statistiques | visites : 290452

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Elections  Suivre la vie du site « Municipales 2014 »  Suivre la vie du site Communiqués, articles, résultats...   ?    |    Les sites syndiqués OPML   ?

Site réalisé avec SPIP 2.1.9 + AHUNTSIC

Creative Commons License

Visiteurs connectés : 29