NPA 86

Derrière les hommages à Georges Seguy

jeudi 18 août 2016 par redac-npa86

L’ancien secrétaire général de la CGT de 1967 à 1982 est salué de tous côtés : engagé à 16 ans au PCF, résistant, déporté, artisan d’une CGT dégagée de l’emprise du parti, tout y passe, y compris sa prise de position pour la démission de Lepaon. Une vie d’engagement au service de la classe ouvrière ? Il y a une sacrée ombre au tableau.

Flashback : mai 1968. Dans la foulée de la révolte étudiante, les jeunes travailleurs de Renault Cléon font partir la grève le 15, elle s’étend à Billancourt et gagne tout le pays. 10 millions de grévistes. Souvent, la grève générale avec occupation est votée sans même rédiger un cahier de revendications. Le PCF, qui contrôle alors complètement ou presque la CGT, n’apprécie pas que le mouvement lui échappe ; ainsi, il empêche partout où il le peut la jonction étudiants-travailleurs. Pouvoir et patronat veulent eux aussi en finir au plus vite : le 27, les accords de Grenelle étaient signés. De partout montent des voix hurlant à la trahison : «  Ils ont bradé la grève générale pour un plat de lentilles »…

Venu présenter le protocole d’accord dans le grand hall de Renault-Billancourt, Séguy se fait huer par ceux à qui il veut faire reprendre le travail.... Un événement qu’il a passé sa vie à tenter d’effacer, mais il en existe toujours des témoins, ainsi que des articles de presse de l’époque faciles à retrouver.

Le fait est que non seulement la CGT n’a pas lancé d’appel à la grève générale illimitée, mais elle a laissé les grévistes livrés à eux-mêmes, poussant ensuite à la reprise boîte après boîte, dans un climat de contestation de la parole des chefs syndicaux et de rage dont le film "Reprise"* donne une idée. Fidèle à la ligne du PCF, au lieu de pousser l’avantage, on a laissé De Gaulle récupérer en organisant des élections législative afin de remettre au pas, ce grand mouvement....

Alors oui, Séguy a bien mérité sa Légion d’honneur et les louanges de tous ceux qui savent ce à quoi ils ont échappé en mai-juin 68.

* à partir d’une scène tournée devant l’usine Wonder de Saint Ouen (93), où une jeune ouvrière qui "refuse de rentrer dans cette taule" fait face à la panoplie des arguments des permanents de l’UL CGT

Pierre Vandevoorde, militant du NPA à Louviers


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