NPA 86

Le train de quelques uns ou le déplacement pour tous ?

mercredi 26 juillet 2017 par redac-npa86

Ce texte n’a pas vocation à discuter de l’ensemble des aspects du réchauffement climatique. Il s’agit plutôt d’une petite contribution qui vise à pousser à la discussion sur les transports gratuits.

Le réchauffement climatique est sans doute l’un des principaux enjeux de notre génération. Si nous ne sommes pas capables, collectivement, de mettre un coup de frein net aux logiques productivistes, alors nous nous dirigerons vers une catastrophe terrible pour l’humanité et l’environnement.

Contrairement à ce que sous-entend Macron, ce ne sont pas les plus pauvres qui sont responsables de la crise écologique. La supposée surpopulation de l’Afrique (qui n’est aucunement réelle, la densité de population mondiale étant plus importante que celle de l’Afrique), et plus précisément ses propos sur les femmes africaines relèvent à la fois du racisme néocolonial, mais aussi du sexisme de bas étage.

De plus, scientifiquement, rien ne montre que la crise écologique est la résultante d’un nombre trop élevé d’humains sur Terre. Jean-Christophe Victor a consacré une émission du Dessous des cartes sur le sujet, pour aller contre les idées réactionnaires alimentant les argumentaires faussement écologistes.

En réalité, le début de la crise écologique est lié à la révolution industrielle, d’une part, et au développement de la société de consommation – autrement dit, la mondialisation capitaliste. C’est donc à ces maux qu’il faut s’en prendre.

Aussi, rejeter – même en partie – les problèmes écologiques sur les femmes africaines montre une félonie crasse du président Macron, d’autant plus lorsque l’on connaît la politique de la France en Afrique, que ce soit via ses multinationales, ou via ses interventions militaires.

Si le président Macron souhaite réellement faire de l’écologie – outre la rupture avec le colonialisme et la Françafrique – il devrait se pencher sur la question centrale : celle des transports. Et c’est peu dire que Macron n’est pas franchement bon sur le sujet. Plus globalement, c’est le système politique – le capitalisme – qui nous mène à la catastrophe. Macron n’est qu’un représentant de ce système. Par exemple, la politique des « bus Macron » va totalement dans le mauvais sens… à l’heure où c’est le transport ferroviaire qu’il faut développer, et la production globale qu’il faut diminuer. Mais elle n’est que l’expression d’une globalité qu’il faut combattre aussi pour ne pas tomber dans l’anti-macronisme stérile.

La politique des grands projets est en ce sens totalement représentative du capitalisme. Nous pourrions parler de Notre-Dame-des-Landes, mais je fais le choix ici de parler des Lignes à Grande Vitesse (parce que je vis sur la LGV Paris-Bordeaux qui vient d’être ouverte).

La LGV qu’est-ce que c’est, concrètement, pour nous, habitants ?

  • > Cela nous coûte cher – car c’est payé en grande partie par les deniers publics, et ce n’est pas terminé.
  • > Cela ne répond pas à nos besoins quotidiens – quelle proportion de personnes vivant sur la ligne utilise cette dernière ?
  • > Cela détruit l’environnement – construire une ligne ce n’est pas anodin, ça détruit des ruisseaux, des paysages, etc.

Résumons alors. Les petites voies ferrées ont été détruites, les campagnes ne sont presque plus desservies, poussant les habitants à prendre la voiture pour aller travailler ou faire les courses – ou même les condamnant à l’oubli et au chômage s’ils n’ont pas de véhicule privé, le restant des services publics en milieu rural disparaissant aussi.

La logique financière qui a pris le pas sur le service public des transports transforme en train de quelques uns le déplacement pour tous. Y compris sur les trajets LGV. Les communes plus petites – comme Ruffec en Charente – voient venir le moment où les trains ne s’arrêteront plus.

Ici, la logique marchande se joint à celle des grandes régions, qui vise là-encore à diminuer la surface des services publics via le renforcement des grandes villes – tout le monde constate le développement des « zones urbaines », mais aussi les suppressions/fusions de petites communes.

Aller dans le bon sens c’est réduire la production – et le temps de travail, développer le réseau ferré pour les transports de voyageur et le ferroutage, mettre en place les transports en commun gratuits pour les déplacements quotidiens, développer dans les villes et les campagnes des infrastructures pour les déplacements doux (marche, vélo, etc.), remettre sous le contrôle public et de la population l’ensemble des questions de transport – en instaurant un monopole public qui empêcherait aux capitalistes de faire du fric. Cela, en réalité, nécessite de penser les transports dans un système plus global – d’où mes quelques mots sur Macron et l’Afrique – puisque nous ne pourrons réaliser un monde plus juste qu’en mettant fin au capitalisme.

Pour aller plus loin sur la question des transports :

Alexandre Raguet


Accueil du site | Contact | Plan du site | | Statistiques | visites : 262496

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Nos publications  Suivre la vie du site Documents   ?    |    Les sites syndiqués OPML   ?

Site réalisé avec SPIP 2.1.9 + AHUNTSIC

Creative Commons License

Visiteurs connectés : 18